Tunisie : Les accusés dans l’affaire de « complot contre la sûreté de l’État » comparaissent devant la Cour de cassation !

Mettez fin à la politisation de la justice et à l’instrumentalisation du système judiciaire.

Genève, le 24 décembre 2024

La Cour de cassation examine aujourd’hui, mardi 24 décembre 2024, le pourvoi concernant l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », impliquant près de quarante figures éminentes de l’opposition au coup d’État du 25 juillet 2021.

Parmi les principaux accusés, détenus depuis 22 mois, figurent Jawhar Ben Mubarak, Abdelhamid Jelassi, Issam Chebbi, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj et Khayam Turki. D’autres personnalités politiques et avocats ont été ajoutés à cette affaire. Le dossier révèle l’absence de preuves matérielles, de confrontations ou d’expertises, et repose uniquement sur des dénonciations attribuées à des témoins anonymes et sur des suppositions, reflétant l’obsession des autorités de facto en Tunisie à réprimer et à contrôler.

L’Association des Victimes de la Torture à Genève souligne la gravité de la situation en Tunisie, marquée par une répression politique systématique, des persécutions visant des juges indépendants, et des attaques sans précédent contre les journalistes et les défenseurs de la liberté d’expression, trois ans et demi après le coup d’État du 25 juillet 2021.

L’association réaffirme sa conviction que les procès intentés contre les figures de l’opposition, en particulier dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », ne relèvent en rien d’une démarche judiciaire, mais d’une campagne de liquidation des dirigeants de l’opposition démocratique refusant de se soumettre aux ordres du régime issu du coup d’État et à ses institutions non démocratiques.

À cet égard, elle exige des autorités de facto en Tunisie :

  • La libération immédiate des otages politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires à leur encontre, et la restauration de l’indépendance du pouvoir judiciaire, aujourd’hui soumis à des pressions et intimidations constantes.
  • La clôture définitive de l’affaire « complot contre la sûreté de l’État », qui ternit l’image de la Tunisie, et des excuses publiques à toutes les personnes injustement poursuivies et maltraitées.
  • L’adoption d’une loi d’amnistie générale englobant tous les prisonniers, exilés forcés et poursuivis judiciairement parmi les personnalités politiques, journalistes et blogueurs, et la levée de toutes les restrictions sur l’espace public pour garantir la liberté d’opinion, d’expression et d’organisation.

Président : Abdennacer Nait-Liman

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