Genève, le 13 janvier 2025
Les Tunisiens célèbreront demain, mardi 14 janvier 2025, le 14e anniversaire de la révolution tunisienne, dans un contexte politique et des droits humains sans précédent depuis 2011. Les prisons sont pleines de prisonniers politiques et de détenus d’opinion, parmi lesquels des journalistes et des blogueurs privés des garanties minimales d’un procès équitable.
Parmi les prisonniers politiques figurent en tête de liste Rached Ghannouchi, président du parlement légitime pour la période 2019-2024, ainsi que des figures de l’opposition démocratique accusées dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État » : Ridha Belhaj, Abdelhamid Jelassi, Ghazi Chaouachi, Issam Chebbi, Jawhar Ben Mubarak et Khayam Turki. Sont également emprisonnés des leaders politiques du mouvement Ennahdha, la plus grande formation politique du pays, tels que les anciens ministres et dirigeants Ali Larayedh, Noureddine Bhiri, Mondher Ounissi et Ajmi Lourimi.
Les procès en cours, caractérisés par des violations flagrantes des procédures pénales fondamentales, révèlent la nature revancharde des poursuites visant une large partie de l’opposition nationale démocratique opposée au coup d’État du 25 juillet 2021 et à ses institutions fragiles. L’opinion publique, en Tunisie comme à l’étranger, reste convaincue de l’innocence des prisonniers politiques, des journalistes et des blogueurs détenus.
Rappelant à Kaïs Saïed et à son régime les engagements internationaux de l’État tunisien concernant l’interdiction de toutes formes de torture, comme stipulé dans la Convention adoptée le 10 décembre 1984 par l’Assemblée générale des Nations unies et ratifiée par la Tunisie le 26 août 1987, ainsi que les obligations découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par la Tunisie le 29 octobre 1968, l’Association des Victimes de Torture à Genève exige :
- La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, journalistes et blogueurs victimes du décret n°54 de 2022 du 23 septembre 2022, ainsi que des excuses publiques à eux et à leurs familles pour les tortures, injustices, diffamations et manipulations subies.
- L’annulation des décrets répressifs portant atteinte à la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que l’engagement à clore le chapitre du coup d’État et de l’illégitimité, dans le but de rétablir une vie démocratique normale et de restaurer les institutions confisquées par la force, préservant ainsi l’unité du pays, la paix civile et la volonté libre des Tunisiens, qui ont renversé le premier dictateur Zine El-Abidine Ben Ali.
Président : Abdennacer Nait-Liman