Tunisie : Sauver la vie du prisonnier Jawhar Ben Mbarek

Appel urgent à la communauté internationale pour sauver la vie d'un prisonnier en grève de la faim et en danger de mort

Genève, le 5 novembre 2025

L’Association des Victimes de la Torture à Genève exprime sa profonde inquiétude face à la dégradation alarmante de l’état de santé du prisonnier politique Jawhar Ben Mbarek, en grève de la faim depuis plus de sept jours dans une prison tunisienne. Il observe ce mouvement pour dénoncer les conditions de sa détention et ce qu’il considère comme une violation flagrante de son droit à un procès équitable.

Selon les déclarations de Me Al Ayachi Hammami, membre du collectif de défense, rapportées par sa sœur Me Dalila Msaddak, l’état de santé de Jawhar Ben Mbarek menace gravement sa vie. Elle indique qu’il souffre d’une hématurie sévère (présence de sang dans les urines), de tremblements du visage et des membres, et qu’il est désormais incapable de se tenir debout.
Le directeur de la prison aurait refusé de permettre à sa sœur de lui rendre visite, prétextant que le détenu refuse les soins et l’arrêt de sa grève, alors qu’en réalité son état physique et psychologique ne lui permet plus de prendre des décisions éclairées ni de se prémunir contre un décès imminent.

L’Association, choquée par ce que ses avocats qualifient de « grève de la faim sauvage », tient les autorités tunisiennes entièrement responsables de la sécurité et de la vie du détenu. Elle appelle à une intervention urgente des mécanismes onusiens de protection des droits humains, en particulier :

  • Le Sous-Comité pour la Prévention de la Torture,
  • Le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme,
  • Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies.

L’Association rappelle que la Tunisie, en tant qu’État partie à la Convention contre la torture (1984) et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), est légalement tenue de garantir la sécurité des personnes détenues, de veiller à leur traitement humain et d’assurer des procès publics et équitables, sans discrimination ni représailles politiques.

Elle souligne que la grève de la faim menée par Jawhar Ben Mbarek constitue un ultime acte de protestation résultant de sa perte de confiance dans le processus judiciaire. Lors de l’audience d’appel tenue le 27 octobre 2025, la cour a rejeté la demande de la défense — en présence du bâtonnier Me Boubaker Belthabet — visant à assurer la comparution des accusés en personne plutôt que par visioconférence. Cette décision porte atteinte au principe de confrontation directe et de publicité des débats.

En réaffirmant sa solidarité avec l’ensemble des prisonniers politiques en Tunisie, l’Association :
  • exhorte les autorités tunisiennes à transférer immédiatement Jawhar Ben Mbarek dans un établissement hospitalier spécialisé, sous supervision médicale indépendante ;
  • demande à ce que sa famille et ses avocats puissent lui rendre visite sans restriction ;
  • appelle la communauté internationale et les mécanismes onusiens à intervenir de toute urgence afin de sauver sa vie et d’assurer le respect des engagements internationaux de la Tunisie.

La vie de Jawhar Ben Mbarek constitue aujourd’hui une responsabilité collective envers la conscience humaine.
L’Association souligne enfin que le silence officiel entourant cette grève de la faim constitue une grave défaillance morale et juridique, assimilable à un traitement inhumain prohibé par le droit international.

Association des Victimes de la Torture – Genève
Abdennacer Nait-liman

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