Genève, le 28 août 2025
Nous, les organisations de défense des droits humains signataires de ce communiqué, exprimons notre plein soutien à l’initiative courageuse prise par des centaines de fonctionnaires du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui ont appelé M. Volker Türk à qualifier les crimes commis par l’occupation israélienne contre les civils dans la bande de Gaza par leur véritable nom : un génocide en cours.
Nous saluons le courage de plus de cinq cents employés au sein du système des Nations Unies qui ont élevé la voix de la conscience professionnelle et humaine, et réaffirmons que le silence ou l’euphémisation dans la qualification des faits ne sont ni conformes à l’esprit du droit international ni à la mission même des Nations Unies.
De grandes organisations internationales ont déjà adopté cette qualification juridique précise, tout comme l’a fait la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, lorsqu’elle a affirmé que ce qui se déroule à Gaza constitue un génocide, sur la base de l’ampleur des crimes et de leur caractère systématique. Dès lors, l’hésitation du Haut-Commissaire à employer ce terme affaiblit la crédibilité du Haut-Commissariat et ravive le souvenir de l’échec historique des Nations Unies lors du génocide rwandais de 1994.
Nous appelons les fonctionnaires du Haut-Commissariat à poursuivre leur pression professionnelle et morale sur leur direction, à maintenir avec fermeté et courage leur position jusqu’au bout, et à ne céder à aucune tentative de recul ou de bâillonnement de leurs voix.
Nous demandons également au Haut-Commissaire de se hisser à la hauteur de la responsabilité morale et juridique qui lui incombe, en adoptant une position claire et sans ambiguïté.
Nous réaffirmons que la communauté internationale, ainsi que l’ensemble des institutions des Nations Unies, au premier rang desquelles le Conseil des droits de l’homme et la Cour internationale de Justice, doivent s’appuyer sur cette initiative et la renforcer par des mesures concrètes et tangibles visant à mettre fin au génocide en cours et à traduire ses auteurs en justice.
L’histoire ne pardonnera pas à ceux qui se sont abstenus de qualifier ces crimes par leur nom, ni aux institutions internationales qui ont choisi le silence face à un génocide documenté perpétré par l’occupation israélienne à Gaza depuis près de deux ans. En revanche, les fonctionnaires de l’ONU qui ont osé dire la vérité, ainsi que ceux qui suivront leur exemple, se verront reconnaître le mérite d’avoir incarné l’essence même des valeurs humanistes sur lesquelles repose l’Organisation des Nations Unies.
Signataires :
- Association des victimes de torture – Genève
- Centre Al-Shehab pour les droits de l’homme – Londres
- Organisation Voix Libre pour la défense des droits humains – Paris
- Organisation Justice for Human Rights (JHR)
- Organisation Avocats Sans Frontières International (AFDI)
- Tawasol pour les droits de l’homme – La Haye, Pays-Bas
- Cedar pour les droits de l’homme – Liban
- Conseil des droits des Égyptiens – Genève
- Najda pour les droits de l’homme
- Human Rights Monitor
- Observatoire arabe pour la liberté des médias
- Organisation Alkarama pour les droits de l’homme – Genève
