Genève, le 23 décembre 2024
L’Association des Victimes de la Torture (AVTT), basée à Genève, a appris avec satisfaction la décision des autorités saoudiennes de libérer, depuis le début du mois de décembre 2024, des dizaines de détenus politiques et prédicateurs, parmi lesquels figurent des individus condamnés à de lourdes peines. La liste des personnes libérées inclut notamment Dawood Al Ali, Hussein et Hadi Abou Attaba, le Cheikh Mohammed Abdelaziz Al-Khudairi, le Cheikh Mohammed Al-Habdan, le Dr Malik Al-Ahmad et le Dr Abdullah Basfar, arrêtés en septembre 2017 et condamnés dans le cadre de procès ne respectant pas les normes minimales d’un procès équitable.
L’AVTT exprime sa profonde satisfaction face à ces récentes libérations et se joint aux appels des organisations internationales, notamment Amnesty International, pour demander la libération immédiate de l’ensemble des détenus d’opinion, qu’il s’agisse de prédicateurs, d’universitaires, d’activistes, d’écrivains ou de journalistes. À leur tête figure le Cheikh Salman Al-Awda, arrêté pour avoir publié sur la plateforme “X” un message appelant à “rapprocher les cœurs” entre les dirigeants du Qatar et de l’Arabie Saoudite durant la précédente crise entre le Qatar et les pays du Golfe. Figurent également parmi les détenus Mohamed Al-Ghamdi, caricaturiste condamné à 23 ans de prison en raison de ses dessins.
L’Association attire l’attention des autorités saoudiennes sur le caractère arbitraire et politique des accusations portées contre le Cheikh Salman Al-Awda, son frère Khalid Al-Awda – condamné en novembre 2020 à cinq ans de prison suivis de cinq années d’interdiction de voyager pour avoir exprimé sa solidarité avec son frère – ainsi que des dizaines d’universitaires et de prédicateurs. Ces accusations relèvent de représailles politiques, d’autant que plusieurs d’entre eux ont été détenus durant des mois sans inculpation.
En conséquence, l’AVTT appelle les autorités saoudiennes à accélérer les travaux de la commission chargée de réexaminer les condamnations, créée il y a moins de deux ans, afin de mettre fin à une période sombre de répression à l’encontre des voix dissidentes parmi les prédicateurs et universitaires.
L’AVTT rappelle également aux autorités saoudiennes que le Royaume d’Arabie Saoudite, en tant que partie à la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ratifiée en 1997, est tenue de respecter ses engagements. Ces engagements incluent l’interdiction de la torture, la conduite d’enquêtes rapides et impartiales sur les allégations de torture, la poursuite des responsables, et l’octroi de réparations aux victimes. De surcroît, les crimes de torture sont imprescriptibles.
Abdennacer Nait-Liman
Président de l’Association des Victimes de la Torture (AVTT)